Programme 2018

2èmes Rencontres Cinématographiques Écrans/Mémoires

29 nov. > 2 déc.2018.

Billet unitaire : 3 euros, 2 euros pour les – de 18 ans

JEUDI 29 NOVEMBRE

18H30 : SOIRÉE D'OUVERTURE

RÉCITS D'ELLIS ISLAND

ROBERT BOBER ET GEORGES PEREC


France, 1980, Traces (57 min.), Mémoires (60 min.)

Récits d'Ellis Island est avant tout l'histoire d'une rencontre : celle d'un écrivain, Georges Perec, et d'un réalisateur, Robert Bober.
Les deux hommes partagent une même passion pour les lieux : ceux de l'enfance ou des origines.
Ellis Island, petit îlot situé à quelques brasses de la pointe de Manhattan, apparut à Robert Bober et Georges Perec comme le lieu même où venaient s'inscrire les thèmes et les mythes autour desquels s'articulait la recherche de leur identité.

Récit composé de deux parties :
La première Traces évoque l'arrivée des émigrés de 1892 à 1924 à Ellis Island.

La seconde Mémoires est un témoignage filmé à New York, sur les émigrants juifs et italiens entrés aux États-Unis par Ellis Island.


Suivi d'une rencontre avec Robert Bober

Robert Bober est un réalisateur, metteur en scène et écrivain français d’origine allemande. Né le 17 novembre 1931 à Berlin. Août 1933, la famille Bober fuit le nazisme. Arrivée à Paris. Il quitte l’école après le certificat d’études primaires. Successivement tailleur, potier, éducateur, assistant de François Truffaut. Réalisateur à la télévision depuis 1967. Auteur de plus de cent films documentaires.

Grand prix (1991) de la Société civile des auteurs multimédia pour l’ensemble de son œuvre.Son premier roman Quoi de neuf sur la guerre ? a reçu le Prix du Livre Inter en 1994.

VENDREDI 30 NOVEMBRE

18H30 :

LE SOUVENIR D'UN AVENIR

YANNICK BELLON, CHRIS MARKER

France, 2001, 42 minutes


L’artiste est visionnaire, ses œuvres pressentent et exhalent l’étrange parfum des événements futurs. C’est le propos de ce documentaire-hommage consacré à la photographe Denise Bellon. Des ­années trente à l’après-guerre, de l’exposition ­surréaliste de 1938 à celle de 1947, de l’Afrique à la Finlande, ses clichés composent les quarante ­minutes du film «Le Souvenir d’un avenir» réalisé par Chris Marker et la fille de Denise, Yannick Bellon. Sur un texte sobrement sculpté et habile dans ses transitions, les photos se succèdent ou se sur-impressionnent.

EN SURSIS

HARUN FAROCKI

Allemagne, 2007, 40 minutes


«En sursis» exhume des rushs d’un film inachevé tourné dans le camp de Westerbork (Pays-Bas) en 1944 par un prisonnier juif. A l’opposé des transformations télévisuelles de l’archive, le film puise les traces infimes laissées par l’image et convoque leur hors-champ pour atteindre ce «sens enseveli» et rendre notre savoir «plus précis, plus incarné, plus tranchant» comme l’évoque Georges Didi-Huberman.


Suivi d'une rencontre avec Eric Leroy et Christophe Cognet

Christophe Cognet : Après des études de cinéma à la Sorbonne Nouvelle (recherches menées sous la direction de JL Leutrat), il devient auteur et réalisateur : essentiellement des documentaires mais aussi des essais filmés, courts et moyens métrages. Attentifs aux traces et au travail de la mémoire, sensibles, ses films interrogent le cinéma, les formes de pouvoir et de surveillance, les mécanismes de la création et la puissance des images.

Eric Leroy : chef du Service accès, valorisation, enrichissement des collections à la Direction du patrimoine cinématographique CNC

21H15

ARARAT

ATOM EGOYAN

Canada, 2002, 115 minutes


Un artiste peint le portrait de sa mère.
Un metteur en scène réalise le film de sa vie.
Un adolescent passe la douane.
Une jeune femme veut comprendre comment son père a disparu.
Une conférencière se sert de l’Histoire pour oublier la sienne.
Un acteur interprète un «méchant» sans en mesurer les conséquences.
Une seule histoire les réunit : celle de l’Arménie.

SAMEDI 1ER DÉCEMBRE

14H30

LE HAVRE

AKI KAURISMÄKI

Marcel Marx, ex-écrivain et bohème renommé, s’est exilé volontairement dans la ville portuaire du Havre où son métier honorable mais non rémunérateur de cireur de chaussures lui donne le sentiment d’être plus proche du peuple en le servant. Il a fait le deuil de son ambition littéraire et mène une vie satisfaisante dans le triangle constitué par le bistrot du coin, son travail et sa femme Arletty, quand le destin met brusquement sur son chemin un enfant immigré originaire d’Afrique noire. Quand au même moment, Arletty tombe gravement malade et doit s’aliter, Marcel doit à nouveau combattre le mur froid de l’indifférence humaine avec pour seules armes, son optimisme inné et la solidarité têtue des habitants de son quartier. Il affronte la mécanique aveugle d’un Etat de droit occidental, représenté par l’étau de la police qui se resserre de plus en plus sur le jeune garçon refugié. Il est temps pour Marcel de cirer ses chaussures et de montrer les dents.

16H00

LE FOSSÉ

WANG BING

Chine, 2010, 113 minutes

À la fin des années 1950, le gouvernement chinois expédie aux travaux forcés des milliers d hommes, considérés comme droitiers au regard de leur passé ou de leurs critiques envers le Parti communiste. Déportés au nord-ouest du pays, en plein désert de Gobi et à des milliers de kilomètres de leurs familles pour être rééduqués, ils sont confrontés au dénuement le plus total. Un grand nombre d’entre eux succombent, face à la dureté du travail physique puis à la pénurie de nourriture et aux rigueurs climatiques.

FF Venise (Italie) 2010 – Première ; FIF Toronto (Canada) 2010 – Sélection officielle ; Festival des 3 continents 2010 ; Est-ce ainsi que les hommes vivent 2012


20H :

TA'ANG

WANG BING

Chine, 2015, 147 minutes


La région de Kokang, au Myanmar, est en prise à une guerre civile depuis des décennies. Au printemps 2015, des membres du peuple Ta’ang – principalement des femmes et des enfants – doivent fuir la région et traverser la frontière chinoise pour sauver leurs vies.
Wang Bing accompagne quelques-unes de ces communautés formées par le destin, qui errent dans des montagnes isolées, peu équipées, dorment dans des camps de fortune, et parviennent parfois à gagner quelques yuan durant la récolte de canne à sucre.


Suivi d'une rencontre avec Wang Bing

Wang Bing est un cinéaste chinois né en 1967. Après avoir étudié la photographie il intègre le département de la photographie de l’Académie du film de Pékin. Sa première oeuvre ambitieuse est un documentaire qui dure plus de 9h intitulé A l’ouest des rails . Pour ce projet il a filmé de 1999 à 2003 le vieux quartier industriel où il vit à Shenyang. Son film est un témoignage de la vie de ses habitants, principalement des ouvriers, avant la destruction du quartier décidée par la municipalité.

En 2010 il réalise Le fossé , son premier film de fiction. Inspiré d’un recueil de nouvelles de Yang Xianhui, Adieu Jiabiangou, il raconte le destin tragique des chinois envoyés dans des camps de rééducation entre 1958 et 1960. Pour réaliser Le fossé il s’est entretenu avec des survivants de ces camps, à l’époque considérés comme «déviants de droite». En 2012, Le fossé sort sur les écrans français.

Il remporte le Léopard d’or au Festival international du film de Locarno 2017 pour Mrs. Fang.

DIMANCHE 2 DÉCEMBRE

11H :

BOLÉRO PAPRIKA

MARC MÉNAGER

France, 2017, 15 minutes


Dans la France des années cinquante, Diego, fils de républicains espagnols, assiste à une rafle de police visant les derniers opposants au régime franquiste ; parmi eux, sa mère et son grand-père. Plongé dans les souvenirs d’une histoire encore brûlante, Diego sauvera la mémoire de ceux qui ont su résister au totalitarisme.

11H00

CINÉ-CONCERT

THE IMMIGRANT, CHARLIE CHAPLIN

MUSICALISATION MARC CHALOSSE

USA, 1917, 25 minutes


Emigrant aux Etats-Unis, Charlot rencontre sur le bateau deux autre aspirantes au pays de la liberté, Edna et sa mère. Ensemble, ils échappent aux pickpockets qui sévissent sur ces navires. Arrivé en ville, affamé, Charlot entre dans un restaurant sans un sou en poche. Coïncidence, il y retrouve Edna, également sans ressource, mais également Goliath, devenu serveur, qui ne tolère pas les mauvais payeurs. Comment s’en sortir ?

Mis en musique par Marc Chalosse

Compositeur et claviériste de formation classique, il fut pianiste de jazz avant de ne se passionner, à partir de 1990, pour l’électronique musicale sous toutes ses formes. Collaborateur de Laurent GARNIER et Frédéric GALLIANO pour plusieurs tournées et enregistrements, il a également composé la musique des spectacles du chorégraphe Philippe JAMET.


Il dirige l’APEJS (école de musiques actuelles) à Chambéry depuis avril 2014.

14H30

L'HÉROÏQUE LANDE

NICOLAS KLOTZ, ELISABETH PERCEVAL

France, 2018, 225 minutes


En hiver 2016, la Jungle de Calais est une ville naissante en pleine croissance où vivent près de 12 000 personnes. Au début du printemps, la zone Sud, avec ses commerces, ses rues, ses habitations, sera entièrement détruite. Les habitants expulsés déplacent alors leurs maisons vers la zone Nord, pour s’abriter et continuer à vivre. En automne l’Etat organise le démantèlement définitif de la Jungle. Mais la Jungle est un territoire mutant, une ville monde, une ville du futur ; même détruite, elle renait toujours de ses cendres.

Tourné avec des jeunes gens pris dans le tumulte des guerres, des violences policières, et leurs tentatives de traverser la frontière vers l’Angleterre, L’Héroïque Lande pourrait être un épisode ignoré de l’Odyssée d’Homère.


Suivi d'une rencontre avec Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval

« Elisabeth Perceval et Nicolas Klotz ont tissé une œuvre cinématographique rare et précieuse, en prise avec notre temps et les soubresauts du monde. Leurs films, fictions et documentaires, sont toujours habités par un profond désir de rencontres. Ils nous convient à nous saisir de l’énergie de résistance que portent celles et ceux qui les traversent. Ils nous questionnent sur la relation d’hospitalité à adresser à l’autre et à la vie. »