Publications pendant le confinement

Publications pendant le confinement

LE MÉMORIAL À VOS CÔTÉS

© Kevin Dolmaire © Kevin DolmaireDurant le confinement, nous n'avons pas été en mesure d'annoncer, comme habituellement, notre programmation dans les semaines à venir.

Nous vous proposons de retrouver sur cette page des contenus inédits : histoire du Mémorial, présentation de l'exposition temporaire, extraits de témoignages, retours en images, etc.

TÉMOIGNAGE

Herbert Traube est né le 15 juillet 1924 à Vienne en Autriche. Arrêté pendant la Nuit de Cristal, son père est déporté à Dachau. Sa mère décide de partir en Belgique avec Herbert et sa sœur, mais ils doivent fuir vers le sud de la France lors de l'invasion allemande.

Herbert est interné au camp de Rivesaltes, puis envoyé à Drancy. Il s’échappe du train par une lucarne et s’engage dans la Légion étrangère, le 22 septembre 1942, pour rejoindre l’Afrique du Nord et participer à la libération de la France.

C'était le 14 septembre 1942. Alors le convoi était constitué donc à Rivesaltes même, on nous a emmenés dans des wagons qui ont été fermés. Mais les lucarnes n’étaient pas obstruées. (...) Et je réussis à passer ma tête entre les deux barres et puis j’avais la tête dehors et puis je regarde. Il faisait un très beau temps, le train, il roule dans un paysage idyllique. Puis, pendant que j’étais là, il y a un gars derrière moi, il dit "Tu sais, quand la tête passe, le corps passe."

Le témoignage de Herbert Traube est extrait de l'exposition permanente du Mémorial.

TÉMOIGNAGE

Josefa (Pepita) de Bedoya Rodríguez est née à Bilbao, dans la province de Biscaye, le 17 décembre 1928. Comme beaucoup de Basques, sa famille quitte la région en 1937 et s'installe à Barcelone. Son père était colonel de l’armée républicaine.

Puis, le 5 février 1939, Pepita doit fuir à nouveau et gagne la France. Elle passe plus de quatre ans et demi dans les camps d'Argelès, de Rivesaltes et de Gurs.

« (à Rivesaltes) J’ai eu la chance de pouvoir travailler avec Mlle Elsie Ruth, infirmière de la Croix-Rouge suisse. J’allais porter du riz aux petits Juifs qui étaient déjà séparés de nous, dans d’autres îlots. Je le faisais aussi avec Mme Bohny (Friedel Bohny-Reiter) ; on mettait les bidons sur un triporteur. »

Le témoignage de Josefa de Bedoya est extrait de l'exposition permanente du Mémorial.

JOURNÉE NATIONALE DU SOUVENIR DE LA DÉPORTATION

Christa SchnepfÀ l'occasion de la Journée nationale du souvenir de la déportation, le Mémorial souhaite mettre en lumière le parcours et l’œuvre de l'artiste rom, Ceija Stojka.

Née en Styrie (Autriche) en 1933, Ceija Stojka a grandi au sein d'une famille de marchands de chevaux rom, les Lovara-Roma.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, son père est assassiné par les nazis et toute sa famille déportée dans plusieurs camps de concentration.

Ceija en réchappe et, dans les années 80, entame une carrière d'artiste singulière et autodidacte. Son travail d'écriture et de peinture retrace son parcours, avant et après la guerre, et la fait reconnaître comme ambassadrice de la communauté rom.

« Si le monde ne change pas maintenant, si le monde n'ouvre pas ses portes et fenêtres, s'il ne construit pas la paix - une paix véritable [...] alors je suis incapable d'expliquer pourquoi j'ai survécu à Auschwitz, Bergen-Belsen et Ravensbrück. »

- Ceija Stojka

• Écouter / Voir : une conférence de l'Université de Nantes « Robert Desnos et Ceija Stojka, l'art plus fort que la barbarie » • ici
• Lire : sur franceinfo: à propos de l'exposition Ceija Stojka à la Maison Rouge • ici

ZOOM SUR...

Fridel Bohny-Reiter

© GKS, Berne Paul Senn, PFF, MBA Berne. Dép. GKS.

À l'occasion de la journée à la mémoire des victimes de la Shoah, Yom HaShoah, nous souhaitons rendre hommage à Friedel Bohny-Reiter.

Née en 1912 à Vienne, Friedel Bohny-Reiter est une infirmière suisse, engagée auprès du « Secours suisse aux enfants ». Internée volontaire au camp de Rivesaltes, elle y sauvera de nombreux enfants juifs de la déportation et sera reconnue Juste parmi les nations en 1990.


Son « Journal de Rivesaltes, 1941-1942 » est un des premiers témoignages sur le camp.

Elle y décrit la vie quotidienne, mais aussi ses interrogations et le peu de moyens dont elle dispose pour agir, négocier, éviter le pire : « Je suis là, et je ne peux presque rien faire. »

• Journal de Rivesaltes, 1941-1942, éditions ZOE, juin 2010 •

ARCHIVES

© D.R archives privées Archives privéesAutre symbole des suites de la décolonisation, au moment du départ des derniers harkis en 1964, des militaires guinéens, malgaches et vietnamiens sont démobilisés au camp de Rivesaltes.
Ainsi, les derniers Guinéens, qui auront été jusqu’à 800 avec leurs familles, quittent le camp en février 1966.

« Après l’indépendance du Niger, les troupes françaises encore stationnées dans l’ancienne colonie ont dû quitter le pays. Un grand nombre de soldats guinéens, supplétifs de l’armée française, ont alors eu le choix de rentrer chez eux ou de rester dans l’armée, ce qu’a fait mon mari. Il estimait que son avenir et celui de sa famille seraient ainsi meilleurs. […]
Rapidement, nous avons senti que nous n’étions pas les bienvenus. Nous nous sentions comme des prisonniers. Personne ne pouvait sortir du camp et, de jour comme de nuit, nous étions contrôlés, surveillés, observés. »

Témoignage de Marie-Thérèse Kagbadouno, transférée à Rivesaltes avec son mari en janvier 1964.

TÉMOIGNAGES

MOHAMED ET FOUZIA ZAROURI

Mohamed Zarouri est né en 1955 à Archaoua en Algérie. Pendant la guerre d'Algérie, sa famille rejoint un camp de regroupement, proche de Tizi-Ouzou. En 1962, Mohamed et sa soeur Fouzia embarquent sur un bateau qui rallie Alger à Marseille, avant d'arriver au camp de Rivesaltes. Les familles de harkis y sont releguées, officiellement, à partir du 26 septembre 1962.

« On a pris le bateau, et le souvenir que j'ai du bateau, d'abord il s'appelait Renaissance et ensuite, c'est la manière dont on a été - j'utilise bien mon mot aujourd'hui - parqués dans ce bateau. [...] Parce que l'on est montés sur le bateau, le capitaine a dit, les rats blancs d'un côté, les rats noirs de l'autre et en fond de cale vous mettez les rapatriés...Voilà, c'était ça mon départ. »

• Écouter / Voir : un extrait du témoignage de Mohamed Zarouri • ici

« Je me souviens d'une copine là-bas et j'ai toujours du mal à savoir comment on faisait pour se comprendre parce qu'elle était française. Moi, je parlais pas français. Elle était derrière un grillage. [...] J'allais la rejoindre et on jouait à la poupée mais avec ce grillage entre nous. Ce grillage était physique mais entre nous, il existait pas ce grillage. »

• Écouter / Voir : un extrait du témoignage de Fouzia Zarouri • ici
• L'ensemble de ces témoignages, issus de l'exposition permanente du Mémorial, sont à retrouver sur notre chaîne YouTube • ici

LE CONSEIL DE L'ÉQUIPE

L'équipe du Mémorial vous conseille l'écoute de l'émission "À voix nue" sur France Culture avec Paul Niedermann.

© Etienne Noiseau - Radio France © Etienne Noiseau - Radio FranceNé en 1927 à Karlsruhe en Allemagne, Paul Niederman a fait partie des 6500 Juifs des Pays de Bade, de Sarre et de Palatinat qui ont été déportés vers la France en octobre 1940. Après avoir subi plusieurs mois de persécutions antisémites, il fut interné au camp de Gurs, puis à Rivesaltes.

En 1942, avec son frère Arnold, il échappe à la déportation vers Aushwitz grâce à Sabine Zlatin, la « Dame d'Izieu » qui travaille pour l'OSE (Oeuvre de Secours aux Enfants) qu'il suit à Izieu, dans l'Ain, avant de passer en Suisse.

L'importance de témoigner

Paul Niedermann a parcouru la France et l'Allemagne afin de livrer son témoignage. Présent pour l'inauguration du lieu en octobre 2015, il était également très engagé dans le projet du Mémorial du Camp de Rivesaltes.

• Retrouvez son témoignage ici

TÉMOIGNAGE

ANTONIO DE LA FUENTE

Antonio de la Fuente est né le 4 septembre 1929, à Puigcerda, en Cerdagne espagnole. Son père a été appelé comme officier dès le début de la guerre d'Espagne. En janvier 1939, alors que les troupes franquistes se rapprochent de Barcelone, il écrit à la mère d'Antonio : « Préparez-vous à partir en France ». La famille quitte Puigcerda pour Latour-de-Carol en train et prend les chemins de l’exil.

En juillet 1941, Antonio de la Fuente est transféré au camp de Rivesaltes.

« Dans les camps nous avons eu peur, nous avons eu froid et nous avons eu faim. Nous ne savions pas ce que nous allions devenir. C’était impossible : nous n’avions aucun contact avec l’extérieur, aucune information. Nous savions que c'était la guerre, que les gens souffraient aussi partout en Europe, mais ça s'arrêtait là. »

• Écouter / Voir : un extrait du témoignage d'Antonio de la Fuente, issu de l'exposition permanente du Mémorial • ici
Lire : sur Libération, « Une enfance dans les camps français » • ici