Expositions temporaires

Expositions temporaires

UNE GUERRE SANS NOM

1962. Rivesaltes. 1964

Cette double exposition est présentée jusqu'au 16 septembre au Mémorial du Camp de Rivesaltes et du 15 mars au 13 mai au Centre International de Photojournalisme

Direction éditoriale : Jean-Jacques Jordi

Marc Riboud © Marc Riboud

Organisée par le Centre International de Photojournalisme / Visa pour l'image et le Mémorial du Camp de Rivesaltes, la double exposition Une guerre sans nom présente un panorama photographique de la guerre d'Algérie et de ses répercussions en France notamment sur le camp de Rivesaltes.

"Se poser la question de comment a été photographiée la guerre d’Algérie– et sur ce point il y a une masse considérable de photos – revient souvent à faire ressurgir une mémoire, à établir une disproportion entre les photos d’amateurs, celles des professionnels, celles de l’armée française comme celles plus rares de l’ALN (Armée de Libération Nationale), à définir enfin le déséquilibre de la représentation des Français d’Algérie et des militaires d’un côté et les Algériens de l’autre côté. Nous en sommes bien conscients. Une exposition présentée au Centre International du Photojournalisme et au Mémorial du Camp de Rivesaltes, porte le titre : une Guerre sans nom, 1954 – Algérie – 1962. Le parti pris a été de choisir dans les énormes fonds photographiques existants une centaine de photos de reporters-professionnels connus pour leur capacité à capter l’instant comme Marc Riboud, Raymond Depardon, Pierre Boulat, Pierre Domenech et celles d’un médecin, appelé en Algérie, Jacques Hors*, sans oublier le Fond Bailhache. Ces photographes étaient aussi animés par la volonté d’apporter une plus grande visibilité à cette guerre camouflée en événements et qui ne disait pas son nom. En écho, le Mémorial du Camp de Rivesaltes renvoie l’image d’un espace où si la guerre n’est pas présente, les acteurs de cette guerre le sont : photographes amateurs et journalistes suivent les arrivées et départs de membres du FLN, l’arrivée ensuite des ex-supplétifs de l’armée française en une série d’images fortes.

Le plus important, nous dit Marc Riboud, c’était d’être rapidement là où il se passait quelque chose. Il fallait être parmi les premiers, être tout proche des événements quitte à prendre des risques, et à se trouver dans le double mouvement de manifestations des nationalistes algériens qui brandissent pour la première fois et ouvertement le drapeau algérien, et celle des « ultras » de l’Algérie française qui veulent en découdre avec les gardes mobiles pour garder l’Algérie à la France. Riboud, Depardon et Boulat en saisissent toute la force, toute la violence. Jacques Hors, quant à lui, nous dévoile l’intime des populations qu’il croise...

A l’issue de ce choix de photos, il revenait à l’historien non pas de les analyser mais de les réinscrire dans l’histoire de la guerre d’Algérie. Autour des photographies exceptionnelles qui s’échelonnent de 1954 et au-delà, Jean-Jacques Jordi a élaboré un discours qui, volontairement, n’analyse pas les photographies mais les replace dans l‘Histoire, et permet de mieux les comprendre.

Au sortir de la Seconde guerre mondiale, les positionnements idéologiques se cristallisent plus que par le passé. Le soulèvement en Kabylie en mai 1945 et la répression qui s’ensuit creusent encore plus le fossé entre les communautés. Mais au-delà des prises de position, on a l’impression que l’Algérie elle-même reste coupée entre insouciance et paupérisation. Quand la guerre éclate à la Toussaint 1954, on se rend compte que la population devient très rapidement un enjeu de guerre entre le tout-jeune Front de libération nationale (FLN), et son bras armé l’Armée de libération nationale, et l’Armée française. D’un côté comme de l’autre, on essaie de faire basculer les populations et en premier la population rurale musulmane par tous les moyens, de l’attirance à la torture, des rêves aux cauchemars.

Car cette guerre est à la fois une guerre presque classique avec des attaques coordonnées mais aussi une guerre civile et une guerre fratricide où rien n’est pardonné et où rien ne sera pardonné à l’issue du conflit. Certes les forces en présence sont inégalitaires et sur le terrain, l’armée française domine. Elle perd cependant du terrain dans les villes et dans les zones isolées ou le terrorisme du FLN et de l’ALN s’exprime durement. La violence se généralise et les photos le montrent bien. L’arrivée au pouvoir du général De Gaulle, investi le 1er juin 1958 par l’Assemblée nationale, ses appels à la paix en Algérie, son « Vive l’Algérie française » le 6 juin 1958 à Mostaganem ne changent rien au déroulement de l’histoire. Conscient de cela, De Gaulle évoque publiquement en septembre 1959 le « droit des Algériens à l’autodétermination » avec trois issues possibles : la sécession, la francisation ou l’association. Ce coup de tonnerre précipite dans la guerre un troisième acteur : les ultras de l’Algérie française dont la création de l’Organisation Armée Secrète (OAS) en début de 1961 en est le parangon. Alors que des négociations entre le gouvernement français et le Gouvernement provisoire de la République algérienne débutent, l’Algérie se fige dans la peur.

La signature des Accords d’Evian ne rassure personne car les armes ne se taisent pas. Les sorties de guerre sont ici plus meurtrières qu’ailleurs avec son lot de massacres, d’enlèvements, de meurtres gratuits... Alors que la population européenne fuit une situation dramatique, les ex-supplétifs de l’armée française sont l’objet d’exactions puis de véritables massacres. Ceux qui fuient se trouveront dans des camps en France dont celui de Rivesaltes. Les textes qui jalonnent la double exposition font donc le lien entre les différentes époques couvertes par les reportages ; ils expliquent et interrogent à la fois le photographe sur ses choix et la manière qu’il a de privilégier un événement plutôt qu’un autre. En choisissant d’exposer une diversité des regards, l’exposition propose une mise en perspective des guerres qui ont déchiré le pays. Remettre ces reportages dans l’histoire et l’idéologie d’une époque, c’est toute l’ambition de cette exposition."

Jean-Jacques Jordi

* Jacques Hors était responsable de l’Hôpital civil de la ville où il effectuait son service (El Bayadh - Geryville). À cette occassion, il a cotoyé la population de la région sud-ouest de l’Algérie.

© Pierre DomenechUNE GUERRE SANS NOM

1954. Algérie .1962

Centre International du Photojournalisme

1. Algérie entre insouciance et paupérisation

2. La population comme enjeu

3. Les forces en présence

4. Une violence généralisée

5. Sorties de guerre

© Fonds BailhacheUNE GUERRE SANS NOM

1962. Rivesaltes. 1964

Mémorial du Camp de Rivesaltes

1. Transport et arrivée à Marseille

2. Espaces de relégation

3. Le camp de Rivesaltes

L’accès à l’exposition est inclus avec le billet d’entrée (8€/5€, gratuit -18ans)

DE TERRES ET DE CHAIRS NOUS SOMMES

DU 16 SEPTEMBRE AU 9 MARS

VERNISSAGE / PERFORMANCE SONORE VENDREDI 15 SEPTEMBRE A 18h30 DANS LE CADRE DES JOURNÉES EUROPÉENNES DU PATRIMOINE

Claude Faber, textes / Chantal Tomas, sculptures/ Marc Sens, musiques

Dialogue d’argile, de mots et de terres, de voix et d’écrits entre un sculpteur, un auteur et un musicien sur

l’enfermement et la liberté.

L’accès à l’exposition est inclus avec le billet d’entrée (8€/5€, gratuit -18ans)

L’Espagne déchirée 1936-39, Il y a 80 ans, un conflit fratricide

PROLONGATION JUSQU'AU 3 SEPTEMBRE 2017

AFP

Exposition organisée par le Centre International du Photojournalisme et le Mémorial du Camp de Rivesaltes en partenariat avec l’Institut Français de Barcelone.

Un panorama photographique de la Guerre d’Espagne (1936-1939) qui fit 500 000 morts. Commissaire de l’exposition : Gilbert Grellet et en collaboration avec Michel Lefebvre.

Entrée libre, tous les jours de 10h à 18h

Sauver les enfants 1938 – 1945

JUSQU'AU 3 SEPTEMBRE

L'Œuvre de Secours aux enfants a été une association déterminante pour sauver des enfants juifs de la déportation lors de la Seconde guerre mondiale, notamment ceux qui étaient internés au camp de Rivesaltes. Cette exposition, réalisée par l’OSE, présente des portraits d’enfants sauvés dont les différents parcours permettent d’évoquer les lieux et les acteurs qui se sont engagés à soustraire à la mort ces enfants. Elle sera aussi l’occasion de présenter le rôle que joue encore cette association aujourd’hui.

L’accès à l’exposition est inclus avec le billet d’entrée (8€/5€, gratuit -18ans)

Exposition du photographe Mathieu Pernot du 7 juillet à la fin de l'année 2016

En 2009, Mathieu Pernot commence un travail constitué à la fois de prises de vues photographiques et de recueil de textes auprès de migrants afghans arrivés en France après un périple aussi long que dangereux.

La série de photographies intitulée « Les migrants » montrent des corps emmitouflés dans des couvertures et dormant à même le sol. Ces images ont été réalisées très tôt le matin, dans le temps dont le photographe disposait entre le lever du jour et la présence de la police venue les réveiller. Il les a photographiés dans leur sommeil, cachés par un tissu, un drap ou un sac de couchage les recouvrant. Invisibles, silencieux et anonymes, réduits à l’état de simple forme, les individus se reposent et semblent se cacher, comme s’ils voulaient s’isoler d’un monde qui ne veut plus les voir.

En 2012, L'auteur a rencontré Jawad et Mansour, tous les deux Afghans réfugiés à Paris. Il a confié à Jawad des cahiers d’écolier pour qu’il y écrive le récit de son voyage de Kaboul à Paris. À chacune de ses rencontres, il lui donnait quelques pages de son histoire écrite en farsi. Le récit d’une épopée moderne, l’histoire en négatif de notre mondialisation était incarnée. Mansour a quant à lui prêté les cahiers qu’il utilisait pour ses cours de français. Des mots et des phrases de première nécessité étaient traduits de sa langue d'origine.

Ce travail de recueil de textes et d'images a été reconduit en 2016. Jawad et Mansour ont, depuis, tous les deux été régularisés. Ils travaillent et ont une vie de famille à Paris. Des collages présentent l'agenda professionnel 2016 de Jawad, salarié dans une association d'aide aux migrants. Des photographies montrent des bribes de vie des quatre dernières années de Mansour qui travaille désormais dans un grand restaurant parisien.

Lettres de Rivesaltes, une exposition d’Anne-Laure Boyer du 21 octobre 2015 au 30 juin 2016

Invitée en résidence sur les questions de la mémoire et de la transmission, Anne-Laure Boyer a conçu pour le Mémorial une exposition intitulée « Lettres de Rivesaltes », composée d’un film, d’une création sonore et d’un ensemble de lettres. Ces lettres sont issues d’un appel à écriture qui s’adresse à tous, anciens internés ou descendants, militants, associatifs, historiens, enseignants et apprenants, professionnels, élus, parents et enfants… Ces Lettres offrent un espace parallèle, pour que chacun soit libre de déposer sa propre parole : engager sa réflexion, porter son récit, délivrer un hommage, adresser sa colère...

Toutes les lettres seront mises sous enveloppes scellées, et présentées dans l’exposition. Le visiteur pourra en choisir une au hasard, y inscrire son adresse et la poster dans la boîte aux lettres de l’exposition. Il la recevra chez lui quelques jours plus tard. C’est seulement là qu’il découvrira le récit d’une des personnes qui aura participé à cet appel à écriture. À la fin de l’exposition, l’intégralité des lettres sera rendue publique.

Les camps d’internement français ont trop longtemps été occultés. Ces Lettres de Rivesaltes seraient l’occasion pour chacun de s’approprier cette histoire lourde et complexe, afin de la porter tous ensemble. Pour construire une mémoire véritablement collective, et tournée vers le présent. Pour que les questions de mémoire puissent interroger le monde d’aujourd’hui. Parler des camps pour réfléchir sur l’exil, le racisme, la gestion administrative des flux migratoires, l’acte de faire histoire, la fabrique de la mémoire collective et individuelle, la transmission et la non-transmission...

Les Lettres de Rivesaltes seront présentées dans une installation composée de trois éléments :

  • une projection vidéo sur un grand écran translucide présentant une marche citoyenne qui a eu lieu le 7 juin dernier sur le camp de Rivesaltes et qui a mobilisé une centaine de participants
  • l’ensemble des lettres reçues, présentées sous enveloppes cachetées que le visiteur découvrira à l’arrière de l'écran vidéo, (sur lequel la projection sera visible des deux côtés
  • une création sonore réalisée par le compositeur Guillaume Laidain, à partir d’entretiens croisés, diffusée sur 18 enceintes, accompagnant le visiteur pendant son cheminement dans l’espace d’exposition

L’appel à écriture est ouvert jusqu’au 31 décembre 2015.

Une exposition réalisée en collaboration avec :

  • Guillaume Laidain, pour la création sonore
  • Mathieu Havart, pour les prises de vue du film
  • Anna Feillou, pour la collecte des lettres
  • Marc Vernier, pour le suivi de production

Et la participation de toute l’équipe du Mémorial.

L’artiste remercie tous les participants : les marcheurs et les écrivains.

Elle remercie aussi les associations et les personnes qui ont relayé les appels à la marche et à l’écriture :

  • AAGEF-FFI - Amicale des anciens guerrilleros en France et FFI
  • ACPG-ATM - Anciens combattants et prisonniers de guerre combattants d’Algérie Tunisie et Maroc
  • AFMD 66 - Amis de la Fondation pour la mémoire de la déportation
  • Amicale du camp de Gurs
  • Ancrages - Histoire, mémoires et patrimoine des migrations
  • ANGVC - Association nationale des gens du voyage catholique
  • APHPO - Association pour la promotion de l’histoire dans les Pyrénées-Orientales
  • APPONA 68 - Association pour la Promotion des Populations d'Origine Nomade d'Alsace - Haut Rhin
  • Association des Filles et Fils d'Internés du Camp de Saliers
  • Association des Gitans de France
  • Association des harkis de la Dordogne
  • Association nationale des anciens combattants de la résistance
  • Bouge-toît
  • Calidées
  • Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah
  • Le Comité d'ASF, action signe de réconciliation, services pour la paix
  • DAME - Descendants et amis de la maternité d’Elne
  • FFREEE - Fils et filles de Républicains Espagnols et Enfants de l’Exil
  • FNASAT - Fédération nationale des associations solidaires d'action avec les Tsiganes et les Gens du voyage Harkis et droits de l’homme
  • La CIMADE - Comité Inter Mouvement Auprès Des Évacués
  • Le Souvenir Français
  • LDH - Ligue des droits de l’homme des Pyrénées-Orientales
  • Trajectoires
  • Tsiganes les oubliés de l’histoire
  • UFAT - Union française des associations tsiganes
  • Zakhor pour la Mémoire – FFDJF,

Que soient également remerciés :

  • Les Archives départementales des Pyrénées-Orientales
  • Les Archives municipales de Palafrugell
  • Le Centre européen du résistant déporté
  • Le Centro Espagnol de Perpignan
  • Le Collège de Rivesaltes
  • Le Comité international de la Croix Rouge suisse L’Ecole élémentaire Claira
  • La Fondation pour la Mémoire de la Shoah
  • La Librairie Torcatis
  • La Maison d'Histoire et de Mémoire d'Ongles
  • Le Mémorial du camp d’Argelès-sur-Mer
  • Le Mémorial des enfants d’Izieu
  • Le MUME - Musée mémorial de l'exil
  • Le Musée d’art et d’histoire du Judaïsme
  • Le Musée de l’histoire de l’immigration
  • Le Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
  • Le Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère.

L’artiste remercie aussi toutes celles et ceux qui l’ont accueillie dans les Pyrénées-Orientales.